Le poids et la quête de miettes d’amour

Tu ne peux pas guérir dans le même environnement qui t’a rendu malade. Transposée à ma situation, ça donne quoi?

Rétrospectivement, j’ai arrêtee mes activités perso peu de temps après avoir emménage avec mon homme dans son appartement. Tout comme j’ai tout arrêtée quand je me suis mise avec la fille.

Je commence à emboîter les pièces sans réussir pourtant à tout comprendre. C’est un début. Je continue à progresser

Dans la première relation avec la fille comme avec mon homme actuelle, le début s’est fait dans une violence inouïe. Il m’avait trompé avec sa copine à qui il avait tout avoué et qui, malgré leur 8 ans de vie ensemble, a préféré tourner la page plutôt que recoller les morceaux. Lui était dévasté parce que sa relation avec moi ne lui apportait pas toute satisfaction (j’ai du caractère et ça il n’était pas habitué du tout, son ex étant douce docile et ultra serviable) et moi, je m’étais attachée à lui, à sa capacité à donner de l’amour, de l’attention, de la bienveillance constamment, je me sentais précieuse, désirée, aimée, admirée. Je lui ai couru après et c’est comme ça que je me suis retrouvée en Lozère. Il m’avait invité parce qu’il s’était comporté comme un connard et voulait être un ami. Moi je voulais retrouver cette amitié du début qui avait dérapé. C’est là toute l’ironie de la chose.

Le lendemain de mon arrivée, on se crashait en moto. C’était le 30 juillet 2015. Je me suis occupée de lui, je l’ai pris chez moi pendant sa convalescence. Début novembre il a cherché et trouvé tout seul un appartement. Je me rappelle que sa proposition était que je vive avec lui parce qu’il avait peur que si je reste dans mon appartement, on se voit très peu. Je sais pas pourquoi une mâchoire de fée s’est refermée sur moi. Bis repetita mais ça je ne le savais pas encore.

J’ai commencé à gonfler, à prendre quelques kilo. Pas autant que les 23 kilo pris du temps de ma fille mais assez pour me mettre en alerte dès septembre 2016. Je somatise mais mon déni est ultra puissant.

Je cherche par tous les moyens de me faire aimer au point que je pourrai m’effacer moi même, annihiler touts mes besoins et les envies pour le conformer à l’autre. Mon corps semble compensé en me faisant exister par de la masse. Pour des miettes d’amour, je serai capable d’aller en enfer sans m’en rendre compte. Le pouvoir du déni.

Chez ma mère, ce fonctionnement inconscient était pervers : elle savait comment m’asservir, en m’appatant un peu puis une fois que j’étais corvéable, motivée par ce bout d’amour à la clé, elle me faisait faire ménage, repassage, rangement de la maison, la salle de bain, elle me faisait miroiter un câlin. Quand j’avais tout fini et que je venais tel un chien quémander son du, je me faisais dégagée mani militari. Et si je ralai, elle me frappait et me punissait dans ma chambre en me disant que j’étais la pire enfant du monde, quelle n’avait rien fait pour mériter pareil démon. Pervers jusqu’au bout

Ce que je veux cacher c’est tous les mécanismes inconscients qui me rendent dépendant à la moindre miette d’amour. Je n’ai pas besoin de miette, je connais ma valeur. Mais la petite fille a l’intérieur est restée au temps de l’enfance, à devoir se plier aux 4 volontés de l’être suprême pour avoir un soupçon d’attention. Ce qui me fait encore vomir c’est de me rappeler les moments où elle me frappait, m’humilier puis qu’ensuite, elle venait chercher des excuses de ma part pour mon comportement. Oui parce que c’est mon comportement qui a fait qu’elle m’a frappé. Je porte tout le poids de la responsabilité de ses actes et elle transforme la réalité pour la façonner à son image. Et je devais ravaler cette haine colossale et m’excuser alors que j’étais en feu de colère, de rage et que je l’aurai tuée. Je me serai acharnée sur elle avec tout ce qui m’aurait permis de la frapper. Puis l’instant d’après, elle me faisait un câlin. Un élixir de bonheur de quelques instants dans un quotidien de haine et de rage. Je savais que je ne devais pas pleurer de relâchement, un câlin, enfin, même aussi cours soit il me faisait brusquement déborder mon cœur d’amour envers la même qui était mon bourreau, 3 minutes avant. Et qui redevient un bourreau la minute d’après.

– viens mettre la table / surveiller ton frère / ranger le salon

Rien n’était gratuit, même pas un câlin. Rien. Si elle venait, parfois même après une crise et sans accepter mes excuses, je devais obéir. Sinon ça repleuvait, coups, punitions, enfermement dans la chambre.

Parfois quand j’y repense je minimise mon enfance mais lorsque je dois remettre le nez dedans et cicatriser mon enfant intérieur, je me dis que le temps n’a pas adoucit la période la plus affreuse de ma vie. Je m’en suis sortie mais j’ai encore des stigmates qui me rendent malade encore aujourd’hui.

Je suis déterminée à être l’artisan de mon bonheur. Ça prend du temps de prendre conscience et de guérir mais je n’ai pas le choix. Pour être pleinement heureuse, je dois lever les dénis qui éraillent mon quotidien. Le poids, le corps qui prend du gras, de la cellulite, je suis déjà passée par là et je l’ai réglé une première fois en quittant la fille. Or ma relation actuelle est saine et je ne suis pas sûre que quitter mon homme, me couper de toute future relation amoureuse soit une solution positive. En revanche décoder les mécanismes que je mets en place et les éradiquer, ça oui. Comme ça je serai ensuite libre de choisir ma voie. Rester en couple ou préférer vivre seule.

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Retour en aout septembre 2007

Récemment, pour une raison personnelle, j’ai dû replonger dans cette année qui a été douloureuse, sismique et qui m’a marquée dans mes cellules.

Je vivais depuis mai 2007 une histoire d’amour, pas compliqué en soi. Sauf que moi qui fréquentait les hommes, j’ai embrassé puis couché avec une fille. C’était affreux et excitant en même temps. Mais avec le recul, c’est le côté affreux que j’ai muselé. J’en ai même fait un déni. Pourtant je suis restée 6 ans avec cette fille, c’est pas rien. Mais c’était affreux sur bien des plans.

D’abord, la relation naissante ou tout se mélange et là on se demande ce qu’on fait, si c’est bien, et en même temps je suis embarquée par ci par là par les émotions. Je croule sous des tas de sensations, sentiments que je n’ai pas le temps d’analyser. Je finis mon mémoire, je suis en stage et le soir jusqu’à 23h je bosse comme serveuse. L’été arrive, je suis toujours en stage pour valider mon Master, je bosse toujours le soir. Cette fille vient souvent chez moi, je soupçonne ma mère d’avoir deviné mais de ne rien dire volontairement. En fait je suis sûre qu’elle savait mais elle se tait. En revanche elle multiplie les sorties avec cette fille pour apprendre à la connaître, j’y vois un bon signe. Au delà de mes interrogations liées à mes orientations sexuelles et comportements amoureux, je me dis que ça sera pas si dur que ça de le dire à ma famille. Ma mère a joué un sale jeu répugnant.

Je tombe malade, une angine qui me cloue au lit. En 2007 je vis encore chez mes parents. En septembre, je signe un CDD payé 990 euros par mois alors que je suis titulaire d’un Master. Mais le poids de la dévalorisation est tellement puissant que je n’ose rien demandé lors de l’entretien de recrutement. J’ai un CDD, je dois être contente me répète ma famille. Les jeunes diplômés n’ont pas tous cette chance. Pourtant une copine de ma promo a intégré la ville de Marseille et elle a commencé à 2000 euros net. J’ai été conne, je me le suis répétée pendant 10 ans. J’ai mis ensuite 10 ans à rattraper le retard du salaire. 10 ans c’est long.

Donc j’étais partagée entre le soulagement d’avoir un travail, la mortification d’être si mal payée, le stress de la vie avec ma famille, cette relation fun nouvelle et hors classe qu’il me fallait apprivoiser et ce rapport de force avec ma mère insidieux et malsain. Il faut quand même préciser que de tout cela je n’en avais pas conscience, je le vivais en temps réel, je sentais les contours des situations mais je n’ai jamais exprimé mon ressenti. Je n’ai pas eu le temps, ni ne me suis donnée l’autorisation de le faire.

Pendant que je suis malade, cette fille vient me rendre visite et on va marcher sur le bord de la route. Elle m’embrasse. Puis l’instant d’après, mon monde s’effondre

– TU ES UNE GOUINE ?! TU AS EMBRASSE CETTE FILLE ? MON DIEU C’EST UNE GOUINE, UNE GOUINE !

Ma grand mère, hystérique, nous a vu de loin. Mais suffisamment de près pour comprendre et courir comme une folle en direction de chez mes parents. Mon estomac est tombé, j’ai perdu toute salive, mon cerveau a refusé de mémoriser cela comme une réalité. Je me rappelle même pas les mots de cette fille, juste que là j’allais tout perdre.

Ma famille est globalement raciste et ultra conformiste. Depuis gamine, on m’avait répété que si je ramenais un Black, un musulman ou un étranger qui n’avait pas la côte, on se ferai prendre à coup de fusil. L’homosexualité était un sujet inabordable pour mes parents et de toute façon je ne me considérais pas comme lesbienne. Je ne m’étais jamais posée la question. J’étais avec une fille mais sans avoir réfléchi à ce que ça représentait.

Je rentre chez moi la boule au ventre. Et c’est là que j’ai vu toute la perversion de ma mère. La fille est rentrée chez elle sans entrer. Je me souviens de mots de compassion, de son soutien mais je savais bien que rien ni personne n’allait me protéger contre la suite.

J’ai demandé à ma mère ce que ma grand mère lui avait raconté. Ma grand mère n’était pas calme, elle accusait ma mère de tous les mots, qu’elle avait été une mauvaise mère pour moi, elle avait fabriqué un monstre. Qu’elle aurait préféré apprendre que j’avais un cancer, dieu va me punir, elle ne cessait de hurler, de me dire que j’allais mourir, etc etc

Ma mère est restée calme, maîtresse d’elle même et a fichu calmement ma grand mère à la porte. Ça m’a rassurée, je me suis dit enfin ma mère prend ma défense ! Elle me demande depuis quand ça dure, je réponds sans savoir que je fourni un argument à charge. Je lui dis qu’elle savait puisqu’elle a essayé de se rapprocher de cette fille. Ma mère me regarde et me dit que jamais de la vie elle n’aurait fait quoique se soit avec cette fille si elle avait su. Là j’ai compris que ma mère se sentait forte tant qu’elle était la seule a détenir le secret. Maintenant qu’il était éventé, j’allais payer. J’avais peur, j’étais terrifiée, je savais de quoi ma mère était capable lorsqu’elle était furieuse, de cette sorte de furie froide. Elle ne me frappait plus mais quelle serait la punition ? Elle m’a dit qu’on en discuterait au retour de mon père ce soir. J’ai passé les heures qui ont suivi à osciller entre le soulagement et la terreur. De la peur liquide dans mon ventre. Pendant des heures, à avoir peur, angoisse, larmes, état catatonique. Et ma mère qui me laisse dans cet état en sachant que j’avais de la fièvre. J’ai haï ma grand-mère qui se mêle toujours de tout, qui fourre son nez partout. J’ai haï la vie, cette saloperie de vie qui m’a collé dans une famille horrible qui me fait du mal systématiquement. Je veux mourir, je veux rejoindre ma grand mère d’amour (la mère de ma mère décédée en 2003). Mais une petite voix me demande si réellement ma grand mère d’amour aurait cautionné, muselée comme l’était avec mon grand père, ultra conformiste et ancien militaire haut gradé. Je chasse cela de mon esprit. J’ai besoin de réconfort, d’espoir, de ne pas me sentir seule même si c’est avec le souvenir de quelqu’un qui a tenu à moi.

Mon père s’est arrêté d’abord chez sa mère. Ça je ne l’avais pas imaginé. J’espérais qu’il reviendrait d’abord ici mais autant sa mère devait le guetter au bord du chemin. Pas de bol, ma raison avait élaboré un plan qui visait à minimiser ce que ma connasse de grand mère avait vu. Ça tombait à l’eau.

Je n’ai pas osé mettre le nez dehors de la chambre. J’écoutais en respirant avec difficulté comme une asmathique, les oreilles bourdonnées. L’angoisse fait entendre des bruits qu’on entend pas normalement et ça gêne l’écoute. Le ventre tordu. Les signaux semblaient pas horribles. Mes parents discutaient calmement tous les 2. Puis après ils se sont retirés dans le bureau et m’ont fait appelé par mon frère.

Dans le bureau, je me revois debout face à mes parents assis dans le canapé. Mon père a pris 10 ans dans la face, il est gris et fermé. Ma mère est à l’aise. Une vraie salope. Elle jubile, je le vois bien. Elle se sait toute puissante. Elle s’en délecte et moi j’assiste impuissante à ça.

Je dois répondre aux fois où la fille est venue, c’était pas en simple amie ? Non. Ma connasse de mère me dit que j’ai trahi leur confiance en étant un couple sous le toit de mes parents, qu’elle ne veut pas d’autre couple que le sien, que j’ai menti. Puisque je suis capable de prendre les décisions par moi même, ma mère me dit que mon père et elle se sont concertés. Elle se tourne vers mon père qui n’arrivait pas à me regarder.

– nous sommes le 15 septembre, tu as 15 jours pour déménager de la maison

L’estomac est troué tellement la peur est partout. Je gagné 900 euros par moi, je n’ai pas les moyens de prendre un appartement. Partir ? Mais pour aller ou? Ils me chassent de la maison. Ils me chassent de la famille pour pas que je montre l’exemple à mes frères.

– nous ne nous porterons pas caution pour toi

Je n’ai plus d’avenir, je n’ai plus rien. Je n’ai pas d’argent, pas d’endroit où aller. Mes affaires tiennent dans une pièce et ma mère perfide me dit que les affaires qui resteront seront jetées. Il faut faire de la place, ma chambre sera réattribuée à mon frère. Pouffiasse

Une bouffée de rage, de haine m’envahit mais en même temps c’est moi qui est fautée. C’est ma faute. Avec le recul j’ai muselé l’autre petite voix, celle qui aurait dû répondre qu’ils étaient des parents horribles à faire ça à leur seule fille. Qu’ils devraient avoir honte d’eux, que tout était leur faute, que c’est pas eux qui me chassent mais moi qui part et qu’ils peuvent aller crever. Je n’ai pas laissé ma rage exploser. J’étais écrasée par le poids de la sentence, par le cheminement du jugement, par la perversité de ma mère, comment une mère pouvait être aussi abominable ? Mes parents n’ont jamais admis qu’ils me mettaient dehors a cause de mon choix sexuel mais parce que j’avais trahi leur confiance. Les arguments ensuite se sont étoffés : parce que j’étais assez grande pour voler de mes propres ailes, parce que je n’aurai jamais quitté la maison sinon, parce qu’il faut toujours me pousser à prendre des décisions. Du vomi et des conneries pour qu’ils arrivent à avancer avec le poids de leur décision. Mes parents, je les débectent. J’avais 23 ans et mes parents avaient toujours refusé de me payer un appartement pour mes études. Si je n’avais pas été à la rue du jour au lendemain, j’aurai pu trouver ça cocasse.

Il faut aussi que je parle de cette rage envers ma mère. Échec et mat, je me souviendrai toujours de cette réflexion dans ma tête. Elle avait gagné son jeu entrepris depuis ma naissance de me détruire. Et avec un raisonnement qui semblait tenir la route. Mon père était marqué par la souffrance, il m’a demandé ce qu’il avait raté dans mon éducation.

J’aurai voulu lui répondre que c’était pas ça, rater sa vie. Rater sa vie c’est ne jamais avoir le courage de divorcer d’un monstre, d’avoir choisi une épouse aussi tyrannique que les femmes qui m’ont élevé. Rater sa vie c’est avoir choisi la voie de la lachete et du déni en toute circonstance, c’est préféré rester dans son monde qui se limite à sa clôture de jardin. Mon père a raté sa vie et ma mère est la pire salope du monde. Moi je ne rate pas ma vie, j’expérimente, je teste, je réussi à rebondir. J’aurai voulu lui dire ça mais je n’ai pas eu le courage malgré la haine.

Je lui en ai voulu de se faire manipuler par ma mère. Qu’elle crève cette immondice. Lui et sa lâcheté, il n’y a rien de plus vil, de plus méprisant que la lâcheté.

Moi j’étais dévastée mais je pouvais pas me laisser abattre. Je devais trouver une solution pour m’en sortir. Un toit. J’étudiai toutes les éventualités dans ma tête. J’étais perdue, j’avais froid, j’avais de la fièvre. Ma famille était la pire du monde mais je n’avais qu’elle. Maintenant que je venais de me faire chasser, ou allais je trouver un peu d’amour ?

Dégoût, rage, rancœur, angoisse, terreur, tout se mélangeait. La fille m’a proposé de m’héberger à Marseille dans son studio elle comparaissait et se sentait responsable. Je ferai les allées retour en train et en vélo. J’avais de la chance dans mon malheur surtout que la fille était adorable et ses parents étaient scandalisés par le comportement des miens. J’avais leur sympathie et leur affection. Le problème c’est que je me suis retrouvée coincée. Coincée dans une relation à laquelle je n’avais pas accordé d’importance jusque la, à laquelle j’aurai mis un terme facilement. Je voulais expérimenter une relation avec une file mais c’était pas sensée durer, c’était sensée être un palmarès à mon tableau de chasse, une fille, une expérience bisexuel c’est ça que je cherchais a avoir. Mais là j’étais submergée de gratitude et donc je me retrouvais coincée : elle m’avait sauvé la vie en me prenant avec elle, en me donnant de l’amour, en me traitant comme une personne précieuse, je peux bien sacrifier ma vie pour elle. Voilà comment j’ai pas conscientisée ce que je m’apprêtais à faire mais que j’ai quand même fait alors que je ne voulais pas.

Voilà comment d’un enfer je suis passée à un autre enfer.

Avec ma famille, je ne sais plus comment ça s’est passé ensuite. Je sais que je suis invitée au repas de famille mais que ma grand mère m’agonise d’injures. J’essaie de prendre du recul. J’aurai du mettre le feu et les faire brûler avec le feu contenu dans mon ventre. Pourriture de famille

J’ai pas la côte

En ce moment je rame niveau vie professionnelle, vie familiale et vie intérieure. Autant dire que mes anges gardiens doivent être justes complètement noyés. Je sais pas pourquoi je marche a l’envers.

Tout le monde s’entend bien avec mon nouveau N+1, sauf moi. On s’est accroché 2 fois en 2 semaines de présence, ses mails sont secs, agressifs et il m’a planté 3 fois en moins d’une semaine sans prévenir ni s’excuser. J’ai essayé de comprendre en me disant qu’il se comportait avec moi comme moi je me comportais avec lui. Genre effet miroir.

Ensuite je ne parle plus avec le dernier de mes frères. Ce sale petit traître. Une source de déception totale. On a coupé les ponts à cause de ses mensonges et de sa copine, sa moche qui est vraiment moche (elle a pris du cul, de la cellulite alors qu’elle étais baby doll) (bien fait pour elle!) (oui je sais). Je ne parle plus non plus à l’avant dernier frère car il m’a tellement défoncé en tant que sœur que je me tiens loin de lui. A peine si j’ose le saluer quand on se voit de peur qu’il dise que je l’agresse aussi avec mon bonjour.

Il me reste un frère, celui qui a un bébé. Ça se passe bien avec mes parents, avec mon grand père, avec mes collaborateurs, avec mes 2 amies. Ça oscille avec mon chéri.

En fait j’ai un niveau d’exigence qui est très très important. C’est intenable et inaccessible pour le commun des mortels et ça doit rendre vraiment mal de voir qu’on arrive pas à répondre à mes exigences. A cause de mon fonctionnement, ça met les gens face à l’échec et à la déception. J’ai l’art d’appuyer sur ce qui a été raté. J’ai été élevée dans la recherche de la perfection, pas celle qui figée mais celle qui pousse à être intelligente, responsable, mature, réfléchie, organisée, cultivée, omnisciente, bonne cuisinière, femme d’intérieur accomplie, avoir un haut poste d’encadrement, créative et ingénieuse tout le temps et en même temps. Paye ton émotivité.

Même ma directrice générale m’a dit que je devais revoir mes exigences à la baisse et être plus simple dans mes demandes. Certes. Mais c’est un fonctionnement inconscient et là je me rends compte que je suis moi même faillible à mon propre système de perfection.

Du coup je suis stressée à mort parce que je ne sais pas comment m’en dépêtrer et remettre de la bienveillance et de l’humain dans les relations, notamment professionnelles. L’encadrement a un tel pouvoir d’emmerdements maximum que j’ai pas envie d’avoir la boule au ventre 8h par jour pendant 5 jours. Je vais mourir émotionnellement.

Je cogite. Je me regarde. Je note que je merde mais je sais pas comment faire différemment. Est ce que face à l’agressivité je dois rendre de la gentillesse et de l’apaisement ? La question est surtout comment faire pour que ça me passe au dessus cette agressivité et cette méchanceté ? Pour être dans ma bulle, mon œufs protecteur ?

J’ai l’intuition que comme ça c’est accroché avec mon directeur, il va me zapper complet, voire me rétrograder. De cheffe à chargé de balayage. J’envisage le pire scénario au monde, je passe de 0 à 100 sans demi mesure. C’est terrible ce mental galopant. Mais je m’attends toujours au pire, merci maman.

Parce que voilà j’ai appris que soit je dois faire les choses à la perfection soit ma vie est menacée. Ma mère m’a marquée et j’ai intégré jusque dans mon inconscient ces fonctionnements là. Dans les situations nouvelles, face à un supérieur qui vibre sur la même fréquence énergétique, je réactive le fonctionnement inconscient et je me transforme en truc bizarre complètement à la masse.

Je soule tout le monde. Je me soule moi même ! Imaginez! Je me mange le cerveau, je m’en rends malade de stress. Et la solution c’est de dépasser ça. J’ai pas le choix si je veux avoir une vie sereine. Expérimenter pour me libérer. Là je dois dire que j’en ai juste marre d’être sous pression non stop depuis 19 jours. Crise d’angoisse sur crise de panique.

Je me gâche la vie toute seule. Je deviens mon bourreau. Avant j’étais moi à 70% et mon bourreau à 30%. Maintenant la tendance s’est inversée en très peu de temps. Merci la vie, merci maman, merci moi.

Vous savez le comble? Je suis à Porquerolles pour les vacances avec une super copine que je fais chier parce qu’elle marche pas assez vite, est pas assez organisée, pas assez claire dans ce qu’elle veut. Voilà comment je suis devenue un bourreau aussi pour mon entourage. Je suis devenue ce que j’ai redouté toute mon enfance. Je sais pas si je dois pleurer ou rire jaune.

Non mais abattez moi !! Rendez service à la planète !

Faut que je vous parle de ma belle mère

Dans la catégorie insupportable, je range 2 femmes. Ma mère tenait la tête de liste et est restée seule pendant bien longtemps. Avec son comportement de reine bafouée qui exigeait que ses enfants soient à sa botte, ma mère était invivable, se mêlant de tout, ayant un avis sur tout, refusant d’avoir tort même quand on lui apportait la preuve. Hautaine, n’agissant que guidée par son propre intérêt, ma mère m’a bien montré tout ce que l’être humain ne devait surtout pas faire sauf s’il voulait déclencher des conflits toute la journée.

Avec le temps et son évolution personnelle au fil de la vie, ma mère est devenue une personne presque normale. A 60 ans il était temps. On est quand même pas sur une métamorphose, on va pas se mentir mais ça va beaucoup mieux avec ma mère. Maintenant que je suis une adulte accomplie, je découvre même une « maman » attentionnée (mais pas trop ni trop longtemps quand même), la même qui pourtant 11 ans plus tôt refusait de payer mes études pour ne pas que je sois plus diplômée qu’elle. Maintenant elle m’appelle pour prendre des nouvelles, me fait de la confiture d’abricots, me dit qu’elle a grand plaisir de me voir et, qu’elle est fière de moi, que c’est grâce à elle que j’ai si bien réussi.

Nonobstant l’ego démesuré de ma mère, je prends le bon et laisse le reste. J’ai arrêté d’ergoter depuis un bon moment. Je sais parfaitement à qui je dois ma vie aujourd’hui : à moi seule, merci bien.

Récemment, une autre femme a rejoint le panthéon des « insupportables » : ma belle mère. Et j’avoue qu’elle a détrôné ma mère, chose que je pensais impossible. Ma mère était mon échelle de référence absolue : si quelqu’un se plaignait, je sortais la carte « oui mais moi j’ai ma mère et mon enfance pourrie ». Ça mettait tout le monde d’accord tellement ma mère était odieuse, mesquine et maltraitante le tout sous une enveloppe d’une CSP + belle et habillée en griffe de luxe.

Ma belle mère, c’est plus sournois. C’est pas de la persécution mentale ou de la maltraitance physique. Non c’est déjà une personne qui, à 60 ans, ne s’est jamais mais alors jamais remise en question. Pas une fois. Riche héritière, fille unique, mariée à un riche héritier aussi, de très belles professions, des biens, 3 enfants et des égos extra-larges. Ma belle mère est déjà quelqu’un de profondément snob à la base. Preuve en est, petit exemple de mise en bouche, un canapé immonde qu’elle récupère d’un héritage. Il ira à la poubelle ou au mieux chez un antiquaire si les petites gens aiment cette horreur. L’antiquaire (évidemment ultra connu, qui se côte qu’une clientèle haut de gamme) inspecte ladite bouse et lui annonce qu’en fait c’est une merveille à je sais plus combien de milliers d’euros. De ce jour, c’est devenu le plus beau canapé du monde, qui trône en plein salon. Ma belle s’en vante comme si c’est elle qui l’avait commandé et désigné, elle en parle avec une fierté écoeurante en bombant le menton. Il est toujours moche, inconfortable au possible mais vous comprenez c’est un « (je sais plus le nom du désigner) ». Tout le monde a ris mais pas longtemps parce que ma belle mère n’a aucun humour. Aucun. Hermétique aux jeux de mots, aux blagues, aux bons mots. Elle prend tout au premier degré. Tout.

Ma belle mère aime que les gens lui soient utiles. Dès lors elle daigne leur faire des faveur. Pardon je rectifie. Elle condescend à leur accorder quelques valeurs. Prêter une maison, recommander pour un poste, négocier pour toi les frais de notaire parce qu’elle connait bien untel, bref des trucs que toi tu fais naturellement la main sur le cœur sans attendre de contrepartie. Parce que tu aimes les gens qui sont proches de toi. Ma belle mère, non. Déjà pour entrer dans son cercle de proches ça doit prendre au moins 8 ans avec pour toi, des millions de service a lui rendre. Balader ses chiens, s’occuper des chevaux, ramener des mets de tes voyages, s’occuper de leur propriété, faire leur ménage, faire la concierge, bref être un larbin.

Moi tout ça, je le fais pas, voyez. Leur argent je m’en fiche. Je n’en ai pas besoin, je ne lui suis pas redevable. Je suis libre et ça, ça bloque.

C’est pour ça qu’à la dernière fête qu’elle a organisé chez elle et pour laquelle j’ai contribué, ma belle mère a pris le micro et a remercier ses enfants d’être là, de les avoir aidé, son fils, ses filles, les mari et conjoint de ses filles. Puis elle a souhaité une bonne soirée à tous. Moi? Balek.

Quand je lui ai dis qu’elle m’avait oublié, que c’était soit prémédité soit méchant mais que dans tous les cas c’était blessant, elle a remonté le menton très haut et a tourné les talons en disant « j’en suis bien désolée ».

Voilà, après une mère odieuse, je me tape une belle mère insupportable.

Coiffeur et tarif : comment couper le cheveu en 4 et plumer le client

J’ai les cheveux longs. Depuis 4 ans que j’ai brusquement décidé de refuser de les couper, je n’ai plus approché de près ou de loin une paire de ciseaux ni un salon de massacre du cheveu. Mais à force, le bout de mes longs cheveux s’est abîmé : les masques, soins, incantations au clair de lune n’y ont rien fait. Il a fallu à un men’donné (à un moment donné en français académique) que je me fasse à l’idée que bientôt, un jour, probablement, les couper les rendrait plus forts. Les couper. Mes cheveux. Souffrance rien que de l’écrire.

Une fois que l’idée est arrivée dans mon esprit, il a fallu qu’elle germe pendant des semaines grâce à une intense thérapie intérieure ; que je me fasse à l’idée de perdre de la longueur et, Ô summum du pire, que la perte soit superieure à ce que je m’étais préparée si d’aventure le Coiffeur s’emporte sur ma chevelure.

Depuis que j’ai les cheveux longs, cette profession est une hantise. D’un point de vue macro capillaire, le coiffeur est une hantise pour tous ceux qui ont les cheveux longs et qui tiennent à les garder.

Je sais la jouissance qu’un coiffeur ressent lorsqu’il voit arriver dans son salon toute cette masse capillaire dans lequel il va pouvoir allègrement jeter ces ciseaux. Et ça c’est inenvisageable, impensable, impossible. Je refuse d’être la victime d’un excès de zèle.

J’ai fait une prière à l’univers pour trouver un salon ou le coiffeur n’est pas un atayola de la coupe à la garçonne et je tombe devant une chaîne très connue, positionnée moyen haut de gamme. Le tarif en vitrine, écris en très gros, annonce 40 euros pour le shampooing, la coupe et le brush. Je trouve cela acceptable, je respire un bon coup et Banco, j’entre.

Par chance, elle a de la place. Effectivement je suis seule dans l’immense salon. Faut dire qu’en plein mois d’août, à Biarritz, tout le monde est plutôt collé à l’océan et pas fourré chez le coiffeur. Superbe décor, j’explique mon souhait, met en garde contre l’abus de coupe et précise que je suis une douillette du cheveux comme de tout poil : si on tire, je hurle.

Là les complications arrivent. Je lui explique donc que le tarif me convient. Là, après triturage de mes cheveux, elle m’annonce un surcoût lié aux cheveux épais. Sans déconner ? Un quoi, pardon? Je suis restée coite. Tu vas chez le coiffeur qui annonce un tarif et la il t’explique que comme tu as des cheveux bin ça va te coûter plus cher. Je ne comprends pas leur manière de faire payer. Une coupe est une coupe, que se soit sur cheveux épais ou sur cheveux tout court, non? Depuis quand ça existe ces tarifs a la gueule du client ? Inversement, si j’avais eu une pelade du crâne, il m’aurait fait un rabais de 15 euros ?

Oui oui, 15 euros en plus. BIM dans ta face ou plutôt dans tes capillaires. Les prix chez les coiffeurs c’est comme chez les concessionnaires motos. Au départ un prix est affiché, puis ensuite le client entre et là les prix augmentent, sans aucune raison. Et blague à part, en fonction du type de client qui entre, les prix jouent au yoyo. Si c’est pas magique ça ? Ah la la ils me vendent du rêve tous.

Pourtant les coiffeurs ont une grille de tarifs affichés, c’est obligatoire, c’est la loi. Eh bien non, tu peux compter, recompter tu trouveras jamais le même prix que ceux affichés. Parfois c’est plus et parfois c’est moins. Bin là c’était plus.

Du coup à ce prix là, j’ai demandé qu’elle coupe 5 bons centimètres, le maximum que je m’étais fixé. Moins, ça aurait fait cher le morceau de cheveux coupés, soyons francs. Là j’ai senti que pour pas me sentir trop lésée, il fallait que j’en ai pour mes 55 euros.

Ceci dit, ça fait 3 jours, je suis toujours ulcérée. Je crois que les coiffeurs et moi, c’est bel et bien terminé. Pour de bon. Jusqu’à dans 3 ou 4 ans…

Nouvelle flemmarde du sport

Je me suis découvert depuis quelques mois, 1 an et demi maintenant, un niveau de flemme qui a atteint des sommets olympiens. Je pratiquais natation 4 fois par semaine, sans compter le vélo qui était (et est resté) mon moyen de locomotion principal et la course à pied. J’étais pas une marathonienne mais j’aimais aller courir après un échauffement en marche rapide.

Aujourd’hui, présentement, j’en ai ma claque. Le jour où ça m’a gonflé de tourner en rond dans la piscine comme un poisson rouge dans un bocal, j’ai arrêté du aller parce que la flemme est arrivée et elle n’est jamais repartie. Il pleut? Il fait froid? C’est tard? Tout était prétexte a regarder mes séries adorées lové dans mon moelleux canapé plutôt que de sortir pratiquer une activité. Alors même que quelques semaines avant, même un typhon ne m’aurait pas empêché de faire mes kilomètres.

J’ai été déphasée, je ne me suis pas comprise. Pourquoi ce revirement brutal? J’en sais toujours rien. Aujourd’hui j’essaie de me remettre à l’activité physique (je ne dis plus sport au cas où ce mot heurte mon inconscient et me braque) mais alors je me traîne pire que des babouches.

Pourtant j’ai pris. De partout. Mes vêtements me le disent. Je déteste me sentir engoncer dans mes fringues et voir apparaître de la peau d’orange, du gras. Beurk. En attendant que ma volonté revienne, il faut quand même que je me vêtisse et que je regarde ailleurs quand je suis toute nue. Sinon je me mettrai des baffes continuellement.

Fort heureusement, dans mon raz le bol d’activité j’ai conservé le yoga. J’en fais maintenant depuis 14 ans à des fréquences hebdomadaires au minimum. Découvrir que toutes ces années m’avaient apportées de la souplesse, ça m’a mis du baume au cœur et m’a empêché de lâcher. C’est peut être ça aussi le noeud du problème : je n’avais pas le physique de mes activités sportives.

Mon ostéopathe ne me trouvait pas assez musclée dans la force. Je n’avais que des muscles d’endurance et pas de puissance, pas suffisant pour le métabolisme. Normal, course à pied, natation et vélo quotidien, ça aide pas à ouvrir les bocaux récalcitrants.

J’ai musclé mon corps mais j’étais la seule à le savoir vu l’absence de muscles saillants et la présence de 3 petits bourrelets que j’appelle Chgnoufou que je me traînais depuis l’enfance. Je rêvais d’avoir un corps sec avec des abdos finement dessinés, de jolis muscles des jambes et des épaules, mais non. Dos, oui, très musclé et ça se voyait (trop même) mais le reste, quetchi. Ça m’a laissé à penser que le sport était une vaste fumisterie et toutes les photos de femmes avant /après leur transformation, de belles retouches informatiques.

Morphologiquement je suis un 8 avec des seins, des hanches et j’ai pas hérité du corps sec et musclé de mon père (son corps avant qu’il tombe enceinte de triplés dont il n’a jamais accouché).

Pourtant ça me démange de reprendre la course à pied. Il suffit que j’occupe mon enfoiré de mental en collant de la musique pop à fond dans les oreilles et c’est parti. Je recherche donc la paire de chaussures de courses qui me donnera envie d’arpenter l’asphalte. J’ai trouvé une paire de chaussures que j’adore mais évidemment elle est en rupture partout. J’essaie de me dire que ce n’est pas un signe…

Les hommes savent tout faire. Ou presque

Les hommes pensent être nés avec le gène de la bricole. « Chérie, pousse toi, je m’en occupe ». Intérieurement, je me frappe le front contre le mur quand le mien énonce ça, tout fier et l’air inspiré.

Mon homme a d’énormes qualités, il est bienveillant, adorable, fort, intelligent, compréhensif, présent au quotidien (non il n’est pas gay) mais alors le bricolage non, pas du tout, quetchi, wallou. Je sais que lorsqu’il entreprend quelque chose qui ressemble à du bricolage, je vais devoir repasser derrière ou mieux, me préparer à voler à son secours pendant.

Je pourrai parler du cadre à fixer au mur. 2 trous à faire, à hauteur d’yeux avec ma super perceuse électrique sans fil et une équerre. Niveau débutant. Bon, évidemment il n’a pas pris la bonne mesure de l’écart entre les 2 trous, j’ai dû utiliser un élastique que j’ai tressé pour que le tableau s’accroche au mur et tienne droit. Il était tellement penaud au début. Maintenant, il est frappé d’amnésie quand il passe devant le tableau que je fais mine de redresser. Taquiner mon homme est une passion.

Parce que si lui n’est pas doué de ses 10 doigts avec un marteau, un tournevis ou tout autre outil du genre, moi si. J’arrive à voir par ou commencer, si d’office ça va rentrer, quel outil utiliser. Dans ma tête se déroulent les étapes et j’ai l’ingéniosité des plans. Monter un meuble Ikea les yeux fermés dans le noir avec un cure dent ? Faciiiile. Et ça, ça heurte son égo masculin, ça le froisse, le vexe, le plonge dans la bouderie la plus intense. Il le vit mal alors je répare dans son dos, je donne les étapes l’air de pas trop trop savoir le faire et j’essaie de ne pas rigoler trop fort quand ça foire.

Au delà de ce manque de dextérité, il a aussi une belle tartine de poisse force basque. Il prend les choses avec philosophie : il a de la chance ailleurs (dans son couple notamment) (je précise au cas où l’allusion ne serait pas suffisamment claire). Mais le sac troué est pour lui, le mec qui se gare pile sur la dernière place devant lui, sa chaîne de vélo qui casse (2 fois!), le pantalon qui se déchiquète quand il va au boulot, le coup de soleil sur les oreilles c’est pour lui aussi. J’en passe. C’est pas méchant, ce sont des petites tuiles du quotidien et c’est cadeau, que du bonheur que pour lui.

Dernier exemple en date : le marché, ce matin. Au moment de décrocher les vélos, la clé se casse dans le barillet du cadenas. Gros moment de blanc avec d’un côté mon homme sidéré et de l’autre le morceau de caoutchouc noir dans sa main. Gros moment de panique dans le regard.

Il me dit qu’il va réparer mais je sens bien qu’il ne sait pas par ou commencer. Le noeud du problème c’est ça, l’organisation et le bon sens. J’ai dû lui souffler : une pince pour attraper le bout de clé qui dépasse de la serrure et prendre le double de la clé à la maison pour ouvrir le cadenas. Va, je t’attends là.

Je me suis inquiétée du temps qu’il a mis. Longtemps. Très longtemps. Il n’a rien dit mais je le soupçonne d’avoir cherché un long moment ladite pince. Et de ne pas avoir voulu m’appeler pour me demander où elle était. Question d’orgueil. Je comprends, je n’ai rien dit non plus. Si j’avais eu froid/chaud/soif/faim j’aurai râlé mais là j’ai rien dit. C’est ça l’amour.

Dans ces moments là lorsqu’il répare correctement, je ne suis pas avare de compliments, de regards admiratifs et de tendresse. Valoriser son homme qui réussit c’est important. Donc je lui dit combien je suis fière de lui, qu’il a super bien géré toussa toussa. Je glisse qu’il faudra néanmoins racheter un autre cadenas.

Flegmatique, désabusé, il me répond « bricoleur, bricoleur, non. Mais au moins j’arrive à réparer mes conneries »

Bichette…